Voici le lieu de mon enfance, sur la place d’Astarac à Mirande dans le Gers.
Un magasin d’autrefois, une boucherie ouverte aux quatre vents, sous les arcades : un commerce à taille humaine : pour une escalope mon père ou ma grand-mère prenait la peine de décrocher la cuisse de veau pendue devant la porte. Les jours de pénurie, on pouvait « faire marquer ». Le boucher soulevait le bord de son béret pour dire au revoir aux clients.
Mon père préférait le rôle de maquignon. Il achetait « les bêtes sur pied »Dans les foires à bestiaux. Une fois l’affaire conclue après maints marchandages dans la langue gasconne, il marquait prestement la bête sur le cou avec un ciseau spécial, et offrait un « coup à boire ». Deux générations se sont succédées. Mes enfants ont connu cet endroit j’en suis ravie.