Le 6 Juin 1944, avec le Débarquement des Forces Alliées en Normandie et l'entrée en lutte ouverte des Forces Françaises de l'Intérieur, marque le début des combats à visage découvert. Ces forces, organisées dans les pires difficultés du fait de la présence de l'occupant et de la complicité de ses collaborateurs, se sont préparées à cette éventualité depuis de longs mois de clandestinité.
Nousty, de par l'engagement d'une grande partie de sa jeunesse en âge de porter les armes, est, par excellence, présent à ce rendez-vous.
Les ordres viennent de Londres ; ainsi le 5 Juin 1944 tombent successivement les messages:
"VERONESE ETAIT UN PEINTRE" pour : Alerte générale!
"LE PERE
Mais auparavant, Nousty dans tout cela et dans le temps ...
Depuis le début de l'année 1943, plusieurs jeunes se rencontrent et se préparent à vivre le moment venu une certaine aventure. Le noyau actif du groupe compte certains éléments qui ont déjà bénéficié d'une formation militaire en qualité d'engagés volontaires auprès de certaines unités de l'Armée de l'Armistice, dissoute entre temps - laquelle soit dit en passant, et contrairement à ce qu'escomptaient les Allemands et leurs complices - est devenue une pépinière de cadres et de combattants pour la Résistance. En Béarn, les cadres viennent, pour une grande part, du 2ème Régiment de Hussards de Tarbes et du 18 ème Régiment d'Infanterie de Pau.
Pour notre localité, c'est au sein d'un certain club "Nousty-Sport" - d'ailleurs bien piètre sur le plan sportif - que se passe la gestation. Le rêve est aussi d'offrir une revanche à nos aînés combattants malheureux de 1940, à ceux qui sont tombés: Jean L. et Joseph P., et à tous ceux qui sont en captivité. La kermesse qui cache d'autres démarches, permet de réunir les fonds nécessaires à l'envoi de colis aux prisonniers de guerre. La direction des activités est collégiale. En attendant le jour "J" il faut aussi vivre ou vivoter; les petits boulots et les emplois précaires existent aussi à l'époque, ils sont d'ailleurs le lot de la plupart des membres du groupe - quand le pain est rationné, le quotidien n'est drôle pour personne.
En 1944, qui sont-ils donc ces jeunes qui s'engagent ainsi?
Ils ont entre 17 et 25 ans; singulièrement, au sens où on l'entend communément, ils sont pour la plupart de ceux qui n'ont pas grand chose à perdre et encore moins à gagner dans une pareille entreprise: valets de ferme, journaliers agricoles, mineurs à la mine de lignite, etc.. Montrés d'entrée du doigt, ils sont qualifiés de chenapans par quelques bien pensants. L'époque est très confuse, la société compte ses traîtres, ses collaborateurs, ses affairistes, ses attentistes et quelques réfractaires et résistants; l'ambiance est propice aux combines, aux exactions, au brigandage. Classé "terroriste" par les Allemands et les collabos, le maquisard est la victime expiatoire commode pour tous ceux qui portent quelques stigmates.
Et puis le 6 Juin 1944, dès réception des messages, une vingtaine de jeunes, en grande partie noustysiens, alertés par les agents de liaison, se rassemblent à la grange du Bourrouillat en limite de Nousty-Gomer et prennent les armes parachutées quelques semaines auparavant- il n'y en a pas pour tous, mais tous restent. A partir de ce moment,
Ici deux mentions particulières:
- la première à porter au crédit d'André C. qui fut le véritable rassembleur de la section, résultat obtenu au prix de plusieurs mois de liaisons et de démarches à hauts risques.
- la seconde au crédit de François B., FRANCIS, dans la clandestinité, a eu depuis juillet
Le 7 Juin, au petit matin, la section engage son premier combat en attaquant un convoi allemand à Soumoulou. Le véhicule de tête et ses occupants sont atteints. Le détachement ennemi est trop important et trop puissamment armé; il faut se replier rapidement. Par la suite, la section, au sein de la compagnie RENARD, va vivre la vie de maquis durant prés de trois mois - c'est aussi le sort des sept à huit mille volontaires du Corps Franc Pommies qui se sont soulevés en même temps sur les huit ou dix départements du Sud-Ouest ; pour tous c'est la chasse à l'occupant au quotidien. Les actions se multiplient et prennent de l'ampleur. Les noustysiens participent notamment aux attaques de CHARRITTE de BAS, ASSAT, NAY; pour eux les opérations en Béarn se terminent fin août avec la participation aux combats de la libération de
Nous ne pouvons ajouter au tableau de chasse le détachement ennemi qui est stationné aux Forges d'Abel - une trentaine d'hommes passent en Espagne en empruntant le tunnel à la faveur de la nuit.
Ainsi s'achève une première partie de notre mission. Après quelques jours de répit mis à profit pour réorganiser les unités, le bataillon CARRERE, le nôtre, traverse